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Déclaration des Organisations Socioprofessionnelles, de la Société Civile, du secteur privé, au nom des citoyens de la CEDEAO

mercredi 2 septembre 2020, par Fecong

LA CEDEAO DES PEUPLES »,

NOUS, CITOYENS DE LA CEDEAO, ISSUS DES MOUVEMENTS ET ORGANISATIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE, DU SECTEUR PRIVÉ, DES PARTIS POLITIQUES, SYNDICATS, MOUVEMENTS RELIGIEUX OU LAÏCS, ASSOCIATIONS DE FEMMES ET DE JEUNES, INTERVENANT AUX NIVEAUX LOCAL, NATIONAL ET RÉGIONAL, RECONNUS PAR LE TRAITÉ DE LA CEDEAO COMME ÉTANT LES "CITOYENS DE LA COMMUNAUTÉ" ;

CONSIDÉRANT la pandémie de la COVID19,survenue dans les États Membres de la CEDEAO depuis début 2020 et ses conséquences économiques et sociales sur les Citoyennes et Citoyens de la communauté ;

CONSIDÉRANT les crises sécuritaires qui se manifestent par l’insurrection, le banditisme, le terrorisme et d’autres formes de criminalité dans la région sahélienne de la CEDEAO, et les conséquences dramatiques sur les peuples et les citoyens de la communauté ;

CONSIDÉRANT les crises démocratiques actuelles, conséquences de la mal-gouvernance érigée en règle ainsi que des changements constitutionnels et de la déstabilisation extérieure dans certains États membres de la CEDEAO ;

CONSIDÉRANT les efforts déployés dans le monde entier par certains gouvernements et leurs peuples pour tirer les leçons de la crise de la COVID 19, afin d’apporter les ruptures et changements nécessaires dans la gouvernance, la gestion des infrastructures et des ressources ainsi que les systèmes et modes de production et de consommation ;

CONSIDÉRANT le Traité fondateur de la CEDEAO et le Traité révisé de la CEDEAO et ses différents protocoles, règlements, directives, etc. volontairement adoptés et signés par les Chefs d’États de la CEDEAO, consacrant (i) la citoyenneté des ressortissants des États membres de la CEDEAO, (ii) la libre circulation des personnes, des biens et des services, (iii) le droit d’établissement et de résidence, (iv) le droit à la santé, à l’éducation, à l’alimentation, à la liberté d’expression, à la démocratie, à la justice, etc. ;

CONSIDÉRANT l’adhésion des États Membres de la CEDEAO aux protocoles et droits internationaux consacrant l’autodétermination des peuples et leurs droits fondamentaux à la démocratie et la justice sociale ;

REGRETTANT la non réalisation de la Vision 2020, consistant à passer « d’une CEDEAO des États » à une « CEDEAO des Peuples », considérée comme une promesse non tenue et un Rendez-vous manqué entre les Peuples et les dirigeants de la communauté ;

REGRETTANT la capacité d’action et d’intervention technique et financière plutôt faible des organes exécutifs de la CEDEAO (Commission, Parlement communautaire, Cour de Justice de la Communauté, BIDC, Organisation Ouest Africaine de la Santé, etc.) déployée en soutien aux citoyens et aux peuples de la CEDEAO touchés par le terrorisme, la faim et la malnutrition, la mauvaise gouvernance, la pandémie liée à la COVID 19 ;

DÉNONÇANT les dysfonctionnements au plus haut niveau de décision de la CEDEAO en réponse aux crises ;

DÉNONÇANT ÉNERGIQUEMENT le retard dans les dossiers clefs d’intégration, notamment la monnaie commune (ECO), symbole de la souveraineté monétaire régionale qui a été détourné de sa vocation initiale et plombé par l’impréparation technique et le manque de volonté politique,réduisant à néant des dizaines d’années d’efforts, sans consultation préalable des peuples ;

DĖNONÇANT le gaspillage excessif des ressources de la communauté par les instances dirigeantes (Statutaires, Réunions des Ministres et des Chefs d’États) de la Communauté ;

DÉNONÇANT le musélage de la parole exercé sur les fonctionnaires professionnels des Institutions ;

DÉNONÇANT la forte politisation des Statutaires des Institutions de la CEDEAO, qui représentent non pas les aspirations et les intérêts des citoyens de la communauté mais ceux du Président ou des partis politiques dans leurs propres pays ;

NOTANT AVEC REGRET les altercations persistantes et inutiles conduisant assez souvent à la fermeture d’entreprises et de boutiques appartenant à des Citoyens de la Communauté dans certains Etats membres, ainsi que la faible attention accordée à ce problème par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, ainsi que la Commission et les Agences statutaires régionales, en vue d’une solution permanente à celui-ci ;

NOTANT AVEC REGRET la propension de certains Etats membres à fermer trop facilement leurs frontières terrestres, ainsi que la multitude de barrières non tarifaires érigées aux frontières et le long des corridors, empêchant le commerce, la libre circulation des personnes, la sécurité alimentaire, et portant ainsi un coup à l’intégration régionale ;

NOTANT AVEC REGRET que la CEDEAO est en train de s’écarter lentement mais sûrement du chemin tracé par les pères fondateurs et suivi par les peuples, pour se muer en un Club de Chefs d’État et de Gouvernement déconnectés de la réalité vécue par leur peuple et dont la légitimité est, pour certains, sujette à caution ;

PRÉOCCUPÉS par l’effritement de l’image de la CEDEAO au sein de la communauté et le sentiment de rejet grandissant chez les citoyens, qui pourraient saper durablement la légitimité de l’institution et compromettre l’appropriation de ses politiques par ces derniers ;

CONSIDÉRANTque tous les citoyens de la CEDEAO sont les premiers et directs contributeurs du Prélèvement Communautaire, moyen collectif de financement des programmes communautaires de développement (Agriculture et Alimentation, Infrastructures, Santé, Humanitaires, Éducation, Protection et Justice Sociale, Paix et Sécurité, Démocratie et bonne gouvernance) ;

ESTIMANTque les Organisations Socio-professionnelles, du secteur privé, de la société civile ont un droit de regard sur la gestion des ressources du Prélèvement Communautaire ;

SOUCIEUX de construire et porter une véritable Vision populaire de la CEDEAO, dans laquelle les citoyens sont écoutés, impliqués et responsabilisés, de manière à les rendre aptes à jouer leur rôle en tant qu’acteur du développement économique et social de la communauté ;

CONSCIENTS des énormes potentialités et richesses humaines, culturelles, naturelles, des Etats Membres de la CEDEAO qui, malheureusement sont faiblement valorisées et gérées dans l’intérêt des hommes, femmes, jeunes et peuples de la CEDEAO ;

OBSERVANT les implications négatives de l’exode des professionnels formés et de la migration illégale des jeunes et des femmes de la région comme une "fuite des cerveaux" qui affecte l’économie des États membres de la CEDEAO où ils auraient pu contribuer de manière significative au développement économique de la région.


Le 30 Aout 2020